Le ScanEagle s'aventure en mer
Voici l'avenir : il a des ailes retroussés.
Par le Sous-lieutenant Emily Todd

À partir de la gauche : Des employés d'ING Engineering, Garth Matheson (représentant sur le terrain) et Pat Brophy (directeur des Services UAV), manient les pieds-supports du système de récupération du ScanEagle pour les fixer solidement sur le pont d'envol du NCSM Charlottetown.

À bord du NCSM Charlottetown, l'équipe de l'UAV et les techniciens civils de la société ING Engineering placent l'équipement de lancement et de récupération du UAV ScanEagle sur le pont d'envol : la catapulte à tribord et le système de récupération, un dispositif créé sur la base du SkyHook de la société Insitu, à bâbord.
Lors d'un essai préliminaire de la Marine royale canadienne, l'UAV ScanEagle vole pour la première fois à partir du pont d'un navire de guerre canadien.
Lorsque le NCSM Charlottetown a participé à un déploiement en Méditerranée dans le cadre de l'opération Active Endeavour, il était pourvu d'une capacité de surveillance et de reconnaissance inédite sur les navires de combat canadiens : le véhicule aérien sans pilote (UAV) ScanEagle est un petit appareil peu coûteux, à grande autonomie, qui est fabriqué par la société Insitu, une filiale de Boeing. L'une des missions du NCSM Charlottetown consistait, entre autres, à étudier la possibilité d'intégrer l'UAV aux navires canadiens et à acquérir de l'expertise sur l'utilisation d'un UAV en mer.
L'équipage du NCSM Charlottetown utilisera le ScanEagle pour effectuer une surveillance maritime dans les eaux et l'espace aérien au niveau international.
« Le ScanEagle a d'abord été conçu pour permettre aux navires de pêche d'effectuer des recherches et de repérer des bancs de poissons, » d'expliquer le sergent Michael Jenkins, qui est à la tête du détachement de UAV à bord du NCSM Charlottetown. Membre du 4e Régiment d'artillerie antiaérienne de l'Artillerie royale canadienne, le Sgt Jenkins a travaillé avec le ScanEagle depuis 2008, lorsqu'il a été déployé en Afghanistan au sein du détachement d'UAV à l'appui des opérations de combat du Canada dans la province de Kandahar.
L'équipe du ScanEagle inclut aussi des techniciens civils à l'emploi de ING Engineering, une société canadienne qui réalise des systèmes sans équipage adaptés aux besoins de clients partout dans le monde.
« Il s'agit d'une excellente pièce d'équipement qui accroîtra la sécurité de mon équipe, laquelle est prioritaire, » de dire l'officier de l'équipe d'arraisonnement des navires sur le NCSM Charlottetown, le lieutenant de la Marine royale canadienne, Adam MacIntyre. « La vue d'ensemble de la situation sera actualisée. Je peux être en liaison avec le détachement du ScanEagle pour voir ce que je veux lorsque je le veux grâce à l'écran de visualisation. Plus je reçois de l'information exacte et pertinente, et plus celle-ci sera utile. »
« [L'UAV] nous permet de voir dans le noir plus loin et pendant beaucoup plus longtemps, » d'ajouter le commandant du NCSM Charlottetown, Wade Carter. « Pendant la Première Guerre mondiale, lors de la bataille de Jylland, deux gigantesques flottes de navires de guerre se sont croisées au beau milieu de la nuit. Le défi a toujours été de voir l'ennemi avant qu'il ne vous voit. ScanEagle nous donne un avantage indéniable dans ce domaine. »
« La confirmation d'une présence ennemie, de son intention et de son emplacement, à son insu, » d'ajouter le Capf Carter, pour résumer ce qu'un UAV peut apporter aux opérations en mer. « ScanEagle change la donne en matière de développement rapide d'une connaissance de la situation en s'exposant à peu de risques. »
Le ScanEagle est employé par le U.S. Navy depuis 2005. Le cas le plus célèbre de l'utilisation du ScanEagle remonte à avril 2009 lorsque le USS Bainbridge a effectué le sauvetage du capitaine Richard Phillips, commandant du vaisseau-cargo MV Maersk Albama, qui était détenu en otage par des pirates.